samedi 11 mars 2017

Super AOC!

Parler pour parler...


Je lisais récemment un article sur le système des AOC en France et ailleurs. Ce système, mis en place vers 1930, visait surtout à enrayer la surproduction, le métissage entre diverses régions dans l'élaboration des vins et surtout de faire en sorte que les vins gagnent en qualité peu importe la région d'où il provient. Mission réussie. Le système d'appellation d’origine contrôlée (AOC) a fait tout ça et encore plus. Il est devenu pendant des années une façon de reconnaitre un vin - dans une région de production précise - et lui assurer un gage de qualité.


Ce système encadre le producteur et lui donne la base afin qu'il puisse suivre des règles assez strictes sur les cépages autorisés, la taille de la vigne, la signature d'un endroit géographique précis, le rendement, etc... Bref, celui qui désire s'inscrire dans une AOC devra suivre ces règles afin de garder son titre qu'il affichera fièrement sur sa bouteille. Ce cadre lui permet aussi de faire partie d'un regroupement qui lui confère une visibilité auprès des consommateurs.


Mais voilà que la donne change. Non pas du point de vue des AOC mais bien au niveau de certains vignerons qui propulsent certaines régions, qualitativement, vers le firmament. Nommons-les, les nouveaux vignerons. Ceux-ci travaillent d'arrache-pied dans le but de produire des vins qui ont une signature bien à eux. Des vins d'artistes? Peut-être. D'artisans? certainement plus. Ils prennent racines dans un vignoble, analysent les sols, s'assurent que le rendement soit - souvent - au minimum afin d'extraire le maximum des raisins, mettent tous les soins possibles sur ce vin qui sera une suite liquide de ce que se retrouve en ces lieux solides. Ces vins sont donc une vraie représentation des divers endroits où ils sont produits.


Si le système d'AOC mis en place, par exemple dans la Vallée de la Loire, faisant une dégustation à l'aveugle lors du classement, il se peut fort bien que ces vins d'artisans sortent bons premiers? Alors, ils ne devraient donc pas être classés en Vins de France (qui selon la définition décrie les vins comme étant le bas de la pyramide qualitative) mais plutôt meilleurs que les AOC? Si tel est le cas, un nouveau système devrait avoir sa place dans le marché présent. Une super AOC? Ou encore une AOC supérieure? Ou mieux, une gamme de vins qui serait classé par région comme étant le meilleur de ce que ladite région peut produire... Soit supérieure au système mis en place il y a de ça plus de 80 ans.


De quoi plaire à certains vignerons qui grognent du fait qu'ils soient mis à l'écart en recevant le piètre classement "vin de France", mais surtout de leur donner une vitrine bien à eux et une visibilité qui donnerait le goût au consommateur d’y tremper les lèvres. Un nectar d’une si grande qualité mérite plus que ce qui a été mis en place depuis quelques décennies, un point c’est tout.

Bonnes discussions!


vendredi 10 mars 2017

Vendredi, je ris!

Facteur buvabilité niveau expert.


C'est, dit-on, composé de gamay majoritairement (100% selon la SAQ) et ce serait aussi accompagné de Poulsard minoritairement. Au nez, ça vous donne le goût de déposer le verre, ne serait-ce que pour vous y attarder encore plus... plus tard. La griotte, le noyau de cerise, le sésame grillé, un brin végétal ensuite, les épices juste un brin et en bouche le vin vous presse. Vous connaissez le mot gouleyant? S’il existe dans un dictionnaire visuel, vous devriez voir une photo de la bouteille juste à côté. Facteur buvabilité niveau expert je vous dit! Anne & Jean-François Ganevat La Jaja du Ben 2015 (code SAQ : 12883998, prix : 30.25$). Le vin demeure sur le fruit, supporté par une acidité bien présente, des tanins soyeux et ça rigole comme rivière à la fonte des neiges. Si vous connaissez des non-amateurs de gamay dans votre entourage, servez-le à l'aveugle et clouez-lui gentiment le bec.


Un riesling, c'est toujours sucré? Faux! La preuve? Domaine Barmès Buecher Herrenweg Riesling 2015 (code SAQ : 11153117, prix : 27.15$). De la pomme, du minéral et un tantinet floral sont les arômes que l'on ressent au nez. En bouche, c'est superbement équilibré entre ces arômes, une acidité franche et tout de même bien du gras et une amplitude marquée. Superbe vin que vous saurez apprécier seul, juste pour le plaisir de bien le déguster.


Au resto apportez votre vin autour d'un bon steak? Montecillo Crianza (code SAQ : 00144493, prix : 15.55$). C'est du fruit mur, une belle structure, des notes boisées et avec la viande, non seulement ça fait le travail, c'est parfait! Les vins d'Espagne sont - dans mon cas - souvent une très belle découverte. Celui-ci ne fait pas exception. Les vins de Wine Gurus sont ma découverte de l'année 2016. D'ailleurs, le Priorat "The Wine Gurus Maquinon 2015" est disponible en ligne au moment où j'écris ces quelques mots : Achetez vite!


Finalement, une de mes régions fétiches vient de monter la barre encore une fois. Le Beaujolais, je le dis depuis des lunes, ne cesse de produire ce qu'il y a de plus beau. Les prix, je l'écris depuis des lustres, ne cesseront d'augmenter... C'est le temps d'en profiter avant de nous arracher une nouvelle région. Domaine J. Chamonard Fleurie La Madone 2015 (code SAQ : 13108096, prix : 34.75$). Une soie, une route des soies qui tapisse votre intérieur de beau... Des arômes de cerises, un brin épicé, des notes de poivre et en bouche, c'est du fruit certes, la fin vous laisse sur l'anis. Déroutant? Plutôt intriguant et magnifique. Une autre facette de ce grand vignoble et de cette magnifique région qu'est le Beaujolais. Bravo!


Bonne degustation!


vendredi 27 janvier 2017

MI-AM!

Les hasards, résultent souvent en de belles surprises.

Récemment, j'ai eu la chance de rencontrer brièvement Monsieur Simon Naud qui est vigneron au Québec. Plus précisément au Vignoble la Bauge. La Bauge, ça signifie : gîte du sanglier. Vous vous demandez certainement ce que ça peut bien faire dans le vin? Eh bien, l'élevage de sangliers est l'une des premières activités commerciales du domaine situé à Brigham, dans la région de Brome-Missiquoi. Ils élèvent bien d'autres espèces aussi!

Et que dire des vins? Et bien ça prouve encore une fois que la viticulture québécoise ne cesse de progresser en qualité. 

En blanc, le Equinox qui est assemblé de Frontenac, de Vidal et de Seyval Blanc est au nez sur les agrumes, le miel et un brin salin et se poursuit en bouche sur cette belle palette soutenue par une vivacité bien présente. C'est frais, c'est joyeux et c'est tout beau! À l'apéro ou encore en accompagnement de bouchées et poissons.

Toujours en blanc, le Solyter qui lui combine Frontenac Gris et Frontenac Blanc est sur le caramel, le bois et le coco. En bouche, l'élevage laisse la place aux fruits à chair blanche. Très bien fait aussi et une acidité présente empêche le vin de tomber dans la lourdeur. Poulet grillé vous dites? Excellent choix d'accompagnement.

En rouge, Le Terro est élaboré à partir de deux cépages : Le Frontenac Noir et Marquette. C'est sur le fruit, c'est digeste et c'est glouglou comme dirait l'autre. Cochonnailles et terrines lui siéront très bien.

Certes, j'ai eu beaucoup de plaisir à déguster ces vins ayant une signature bien à eux. Au départ, je pensais beaucoup à des vins de la Loire et aussi du Nord de la France (Sauvignon pour les blancs et Cabernet Franc pour le rouge) mais là s'arrête la comparaison. Ce sont des vins qui possèdent un caractère unique et qui ont un dénominateur commun : Le Plaisir! Et croyez-moi que vous en aurez a plus que soif... De quoi faire monter le "bonheur-o-mètre" à des niveaux jamais égalés!

Je tiens aussi à préciser que ces vins sont réellement bien travaillés et que l'expérience du vigneron y est pour quelques chose. Une vision qui s'est affinée au cours des 30 dernières années et que ce dernier caresse encore un rêve ou deux à réaliser. Je vous laisse les suivre et ne dévoilerai pas la surprise. 

http://labauge.com/

Bonne soif!

jeudi 19 janvier 2017

C'est cher ou c'est bon?

Beau, bon.... Le prix on s'en fout!


Je vois de plus en plus des suggestions de vins à petit prix. Pourquoi donc les chroniqueurs justifient le prix d'un vin? Est-ce qu'une personne qui boit un vin à 10$ a le même effet WOW qu'avec un vin à 25$? Est-ce que le consommateur recherche vraiment la qualité ou son but premier est de ne pas payer trop cher? Enfin, si un vin est au-dessus de vos attentes et que, par la suite, vous apprenez qu'il coûte 30-40 voire 50$, seriez-vous tenté d'en racheter où vous faites une croix dessus? Le sublime n'a pourtant pas de prix, l'art non plus (et bien d'autres attraits). Une personne me disait que si un vin est bon, vraiment bon, le prix n'a pas d'importance. Je suis en total accord.


Franchement, tout le monde y trouve son compte mais il y a toujours une place à la découverte et à parfaire ses connaissances. Le vin plus dispendieux n'est pas toujours le meilleur... mais il serait faux de croire que le vin à petit prix à les mêmes qualités qu'un vin qui coûte beaucoup plus cher. Avant de monter aux barricades, faites un peu de recherches et informez-vous de l'incidence du prix sur un vin proposé, ça vous semblera beaucoup plus clair par la suite.


Bref, à vos portefeuilles afin de vous procurer un vin fortifié qui vaut son pesant d'or : Lustau Los Arcos Solera Reserva Amontillado (code SAQ : 13035915, prix : 19.95$). Il titre à 18.5%, son nez de noisettes, d'amandes laisse entrevoir la puissance en bouche. Le liquide tapisse vos sens, l'alcool domine un court instant et puis des notes de noix refont surface. C'est gras, volumineux et d'une longueur à faire pâlir de jalousie bien des vins fortifiés. Si vous êtes - comme moi - un amateur des vins du Jura, vous serez aux anges! Cette bouteille, qui plus est, peut se conserver de 4 à 8 semaines au frigo afin de faire durer le plaisir sur une plus longue période. Avec des noix, du poulet aux champignons ou encore à la fin du repas juste pour le plaisir. Et croyez-moi, cette bouteille en est pleine.


Le Chili, ce ne sont que des gros vins rouges bien boisés? Certes l'élevage est souvent senti mais une nouvelle vision a aussi sa place. Je pense d'abord à Louis-Antoine Luyt et aussi à ce vin bien original : Falernia Syrah Reserva 2011 (code SAQ : 13099062, prix : 17.75$). Arômes boisés, de fumée, d'épices et mentholés. Très expréssif et en bouche, on demeure sur les épices et la menthe et en finale, l'anis. Une belle fraicheur et un vin d'accompagnement de très belle facture. Son plat? Braisé de bœuf à l’anis étoilé. Succès garanti.


Bonnes dégustations!


jeudi 22 décembre 2016

Prendre un verre de bière mon minou.

Le temps des fêtes - et les conseils éclairés de plusieurs chroniqueurs vins - me donne le goût d'explorer d'autres avenues... Et j'ai nommé : La bière !




Qu'on se le dise, il y a et aura toujours un amateur ou deux de bonnes bières dans votre entourage. Quel vent de de fraicheur parmi tous ces amateurs de plus en plus fins connaisseurs en vins ! Je suis à la base un amateur de bières devenu un grand fana du vin alors je ne délaisse pas mes vieux amours. Je retourne de temps à autre voir ce qui se passe côté brasseurs et la roue tourne sans cesse.




Le monde des brasseurs est tellement en effervescence qu'il est difficile de suivre tout ce qui se passe. Juste au Québec, nous avons les meilleures bières qui soient. Que vous soyez du type rousse, noire, blonde, blanche, IPA et j'en passe, vous aurez la bière qu'il vous faut si vous avez la gentillesse de vous y attarder. Que ce soit à la SAQ, en épicerie ou dans certains dépanneurs spécialisés, l'offre est certainement plus grande que la demande... c'est un peu comme le marché des condos à Montréal quoi !




Deux belles découvertes qui valent le détour. La première en partage - de par son format - qui rejoint l'amateur de bière Ale et IPA. La Brooklyn Sorachi Ace qui est brassée par Carlsberg offre une bière à 7.6% d'alcool à base d'un houblon moins connu. Même si ce dernier est bien marqué, la mousse très fine et les arômes épicés - voire de gingembre - et d'agrumes donnent à cette bière une belle densité et surtout une structure très particulière : Superbe !




La deuxième et non la moindre : Oshlag, Collabo #1. Disponible dans un dépanneur spécialisé non loin de chez vous. Cette bière est tout simplement magnifique. Sa couleur d'un rouge cerise, son nez aux arômes de baies noires, de framboise de houblon et de notes herbacées. Sa vivacité en bouche et ces arômes qui défilent vitesse grand V... Magique ! Si vous voulez vous faire un cadeau ou épater la galerie, dites-vous bien que vous sonniez à la bonne adresse. De plus, ces artisans propulsent les idées comme des électrons libres. Distillation, gamme de bières inspirées de vins et certainement des projets encore plus fous à venir... Suivez les de près, devenez leurs amis et soyez parmi les premiers à dire à vos proches : "Je les connais depuis le début !" dans quelques années, lorsque cette adresse sera notée 3 étoiles parmi les élites du milieu.




Joyeux Noël et bonnes dégustations !




mardi 6 décembre 2016

Les 6 façons de travailler la vigne et le vin.

Les 6 façons de travailler à travers les millésimes et les différentes régions du monde.


Quelle est la grande différence entre les diverses façons de conduire la vigne et l'influence sur le vin ? Il n'existe pas qu'une seule recette pour produire du raisin. Certes, les étapes sont les même et dans le meilleur des cas le raisin arrive à parfaite maturité, on le cueille (vendange), on l'élève, on l'embouteille et le commercialise. Plus le raisin est sain et en bonne santé à la fin de la saison, meilleur sera le résultat une fois celui-ci transformé en jus et enfin en vin.


Méthode traditionnelle :


La vigne est traitée chimiquement en fonction des différentes périodes de la saison. Pulvérisée contre les insectes, champignons et mauvaises herbes afin de garder le raisin à l'abri de tout ce qui pourrait lui être nuisible. Ces étapes sont faites en prévision de toutes ces nuisances qui peuvent endommager la vigne et très souvent à des dates précises.


Méthode "lutte raisonnée" :


Même chose que la traditionnelle à la seule exception que les traitements sont faits en cas de besoin seulement. Donc, on traite au besoin en cas d'insectes/champignons et autres nuisances et si aucun problème n'est présent : on ne traite pas.


Bio (agrobiologique) :


La vigne peut être traitée mais de façon biologique seulement. Aucun produit de synthèse/chimique n'est accepté tout au long du processus de l'élaboration du vin.


Biodynamique :


Même procédé que bio à la seule exception que le vigneron suit les cycles lunaires et emploie différents préparas afin que sa vigne (la terre) soit en parfaite symbiose avec tous les éléments - près ou loin - qui entrent en contact avec celle-ci. Le but est d'intégrer la vigne dans un cycle universel et de la façon la plus naturelle qui soit. Cette méthode est basée sur la science de Rudolf Steiner.


Nature :


Le vigneron accompagne la vigne, l'aide à atteindre son plein potentiel en étant à "l'écoute" de celle-ci. Il utilise son environnement afin de créer le meilleur support - de façon naturelle - à sa culture. Aucun soufre n'est ajouté au vin.


S.A.I.N.S :


"Sans Aucun Intrant Ni Sulfite" est une vision encore plus rigoureuse de la version nature. Ici, très peu d'interventions et le vigneron observe et accompagne le raisin jusqu'à la maturité.


Les influences sont palpables sur les vins et le consommateur est certain d'y trouver son compte… peu importe le type de culture.








mercredi 23 novembre 2016

Difficile à louper.

Dégustation express, entre cadeaux des fêtes et liquides à se procurer.

Bourgogne générique mais pas gêné pour autant. Joseph Faiveley Bourgogne 2014 (code SAQ : 00142448, prix : 25.25$ : profitez d'un rabais de 2.00$ au moment d'écrire ses lignes) qui se la joue sur le fruit, la fraîcheur et possède tout de même une belle structure. Du beau jus et une belle signature sur le pinot noir.

En deuxième lieu, une rencontre avec le vigneron Alain Rochard du Domaine du Loup Blanc. Pour la petite histoire, Alain voulait acquérir un vignoble en France. Il est originaire de la Vallée de la Loire et demeure au Québec depuis 1990. Lorsqu'il fait ses recherches, Le Languedoc semble correspondre à plusieurs critères qui lui plaisent bien. Lors de ces visites, les voisins se posent des questions sur cet intrus et finissent par savoir qu'il est du Canada. Ils le surnomment le "Loup Blanc" (il entend ceci 25-30 fois et certains de ces voisins, croient encore qu'il ne parle qu'en anglais...) et c'est ce nom qu'Alain décide - in extremis - d'utiliser à la signature de l'achat du vignoble en question.

Sympathique monsieur qui a transformé sa passion pour le vin en business et en voulant surtout en faire beaucoup pour la communauté québécoise et du vin en général. Il met beaucoup d'efforts et de travail dans ce qu'il fait, voyage beaucoup, rencontre des gens de partout et fais encore presque tous les salons... Il y a de fortes chances que vous le croisiez d'ici peu tiens !


Alors, le vignoble du Loup Blanc, il offre quoi ? Ce sont des vins de copains, des vins qui sont faciles à boire et que l'on peut apprécier juste comme ça, pour le plaisir. C'est pourtant tout le contraire du vin qui ne dit rien. Alain a décidé de faire le bond en biodynamie depuis 2015-16. C'est par respect pour ce produit qu'il affectionne tant et des amateurs qui aiment bien ses vins.

J'ai eu la chance de déguster plusieurs cuvées qui sont vraiment extra et correspondent exactement à la direction prise par le vigneron : du jus sympa !

Vignoble du Loup Blanc La Mère Grand 2013 (code SAQ : 10528221, prix : 26.85$) Sur le fruit, les épices, côté un peu terreux et une belle fraîcheur qui pousse à se prendre un autre verre. Cette cuvée est superbe, le vin possède une belle profondeur, une âme bien à lui.

Honnêtement, vous pouvez déguster n'importe laquelle des cuvées de ce vignoble et vous ne serez point déçu si vous aimez les vins qui possèdent personnalité et humilité... La patte du Loup Blanc n'est pas très loin.

Bonnes dégustations !