vendredi 18 avril 2014

le millésime

Quel est le sens de l'année indiquée sur ma bouteille?

Ha! Le millésime... Année à laquelle les raisins ont été cueillis (vendange) et ou ils commencent leurs fermentation, vieillissement en cuves (inox, bois ou béton généralement) et attendent impatiemment la mise en bouteille. Donc, ça veut dire que le vin n'est pas nécessairement embouteillé l'année qui est indiquée sur la bouteille? Exact! Il s'agit bel et bien de la récolte. Et si il n'y a pas d'année indiquée, ça veut dire quoi? Tout simplement que plusieurs années de récolte entrent dans la confection de ce vin (il peut avoir un peu de 2009, 2010 et 2011 par exemple). Vous remarquerez cette "non-indication" de plus en plus sur les cuvées entrée de gamme et aussi sur les champagnes non-millésimés (aussi appelés BSA : Brut Sans Année). Ça sert aussi à prendre le meilleur de chaque millésime pour la confection d'un vin plus balancé.

Quel est l'effet millésime sur le vin? Tout dépendant de la région, il peut marquer le vin très profondément. Si c'est une année beaucoup plus pluvieuse que d'habitude, le vin peut sembler "dilué". En cas d'année de sécheresse et de hautes température estivales, le raisin "cuit" littéralement. Donc oui, l'effet millésime marque le vin et c'est pourquoi celui-ci peut moins ou mieux vieillir en fonction de l'année pendant laquelle le raisin a évolué.

Vous comprenez maintenant pourquoi les grands vins de Bordeaux voient leurs prix atteindre de nouveaux sommets sur les millésimes 2009 et 2010 et perdent quelques plumes sur le 2003... Il en est de même sur les grandes régions viticoles de ce monde. Toute personne friande de vins à mettre en cave, lit sur le sujet millésime de façon presque obsessionnelle... et avec raison! Surtout si il choisit le vin pour un investissement avec une valeur de revente intéressante sur le années à venir.

Qu'en est il des autres régions que celles qui produisent les grands vins, sont elles aussi marquées par les millésimes? Tout à fait. Il est intéressant de faire un comparatif avec un vin que vous aimez bien et faire l'exercice suivant : achetez trois bouteilles d'un vin que vous aimez bien. Attendez au moins 6 mois avant d'ouvrir la première bouteille et un an avant d'ouvrir la deuxième et de même pour la troisième. Vous pourrez alors comparer les vins sur les différents millésimes, voire ouvrir deux bouteilles en même temps (sur des millésimes différents) pour comparer celles-ci. C'est très intéressant comme pratique et ça permet de voir - du même coup -  l'effet vieillissement et changement de goût sur le vin en question.

Bonne dégustation!

lundi 14 avril 2014

Le sulfite me donne des maux de tête!

Les sulfites, ça sert à donner mal à la tête uniquement?

Quand vous buvez quelques coupes de vin et avez en prime un mal de bloc le lendemain, les causes sont surtout liées au taux de  sulfite (ajout de souffre) qui se trouvait dans votre bouteille. Seulement ça? Hé bien, si vous buvez que de l'alcool, sans boire d'eau, votre cerveau est déshydraté et vous envoie un signal d'alarme = hydrate moi mon vieux! 

Si par contre, vous buvez un vin ou le taux de sulfite est anormalement haut... il se peut fort bien que vos chances de vous sentir en mauvaise forme le lendemain soient décuplées! 


Le sulfite n'est pas que mauvais, il sert entre autre à stabiliser le vin pour qu'il ne devienne pas du vinaigre et aussi à transporter celui-ci à travers les océans pour qu'il arrive en sol québécois en pleine forme. Il existe un taux à ne pas dépasser. Là ou ça fait mal, c'est que plusieurs grandes maisons en ajoutent sans trop regarder aux dépenses... Tandis que d'autres y ajoutent - avec  parcimonie -  ce que le vin à réellement besoin. Tout est dans le dosage donc? Hé bien oui!


Les grandes compagnies proposant plusieurs vins aux prix plus qu'attractifs sont à surveiller de près. Il faut se poser la question : ''Pourquoi donc un vin de la même région peut à ce point varier de prix?'' Un vin à moins de 15$ est il de la même qualité qu'un à plus de 40$? 

Le moins dispendieux des deux, doit couper sur le prix de production du vin. 

- nombreux hectares de vignes, le terroir importe peu.
- traitement des vignes et vendanges mécanisées.
- le moins d'intervention humaine et gagner en rapidité sur la production.
- Grande production.

Le plus dispendieux des deux, voit le coût de sa production augmenter.

- Vignoble sur un terroir de qualité
- Si il possède plusieurs hectares, une plus grande équipe de travailleurs est nécessaire pour prendre soin de la vigne.
- Beaucoup plus d'interventions humaines, donc ça demande plus de temps pour en arriver au produit final.
- Petite production (dans la plupart des cas)
- Si le vin est de culture bio, il en demandera encore plus de temps et d'effort pour en arriver au final... par bonheur, votre tête s'en portera que mieux!

Comme je le dis souvent, il est de plus en plus important de vérifier les sources d'où proviennent le vin que vous consommez. Si celui-ci vous donne une mauvaise expérience, il faut s'informer au plus vite! Il y a de ça très longtemps, les vignerons français n'avaient aucun scrupule à produire du vin à outrance pour ''accomoder'' la demande qui se faisait sentir de la part des consommateurs. Maintenant, les mêmes régions gardent une image peu reluisante de ce passé qui pèse lourd à faire briller les nouvelles productions... 

Espérons que nos vignerons québécois ne tomberont pas dans le panneau de la surproduction afin de permettre à la SAQ de garder un nombre convenable de leurs vins en tablette?

Bonne lecture!

lundi 7 avril 2014

Le Riesling allemand

Le riesling allemand : par ici la visite!

Il est de ces vins qui ne cessent de me surprendre. Pourtant peu connu, le riesling allemand gagne à l'être. D'une rare complexité, si j'avais à le décrire, il pourrait être comparé à certains vins de l'Alsace qui sont beaucoup plus nombreux sur les tablettes de la SAQ. Le terroir est très semblable entre les deux régions, en fait il peut même faire penser à un effet miroir séparé par le Rhin. La grande différence est surtout le climat qui sépare les deux régions. L'Allemagne étant située plus au nord, donne des vins plus légers et plus faibles en alcool.

Pourtant, une très grande complexité et une finesse sont les grands atouts de ces vins qui méritent d'être plus reconnus en sol québécois. Encore une fois, pour apprécier ceux-ci, il faudra trouver un accord qui puisse bien lui rendre l'éclat de son grand âme... 

Les fruits de mer, sushis, huîtres quand le vin est sec. Il arrive souvent que les rieslings allemands possèdent un sucre résiduel qui complémente à merveille l'acidité naturelle du vin. Ici, attendez vous à être surpris sur ces vins qui embaument les parfums de thé, floraux, minéraux offrant en bouche - non pas une lutte - un mariage qui perdure sur une longue finale qui vous fera aimer ce breuvage digne des plus grandes tables. Mais à quel prix me direz vous? Et bien, en plus de cette belle complexité, ils sont offerts à prix doux... De quoi les rendre plus complexes!

Je vous suggère le Dr. Loosen Riesling 2013 (code SAQ : 10685251, prix : 16.00$) pour commencer votre relation long-terme avec ce cépage qu'est le riesling. Le rapport qualité/prix est l'un des meilleurs offerts - tout produit confondu - dans les succursales de la SAQ. Vous êtes avertis! Si par la suite vous désirez toujours approfondir vos connaissances sur la région emblématique d'où le cépage est originaire, vous pouvez toujours expérimenter avec les producteurs suivants : Egon Müller, Joh. Jos. Prüm ou encore Müller-Catoir.

Pour les accords, quand le vin possède un peu de sucre résiduel, vous pourrez ajouter une sauce épicée sur vos fruits de mer ou bien le servir sur une cuisine indienne. Vous voyez, il faudra vous y attarder plus d'une fois pour mieux comprendre ce que peut recéler chacune de ces bouteilles!

Bonnes découvertes.

mercredi 2 avril 2014

Le salon "Les Turbulents".

Au début, eu lieu cet événement unique...

Turbulent et joyeux...

Le Salon Des Vignerons Naturels!

Ce salon, sans précédent, mettait en vedette une poignée de vignerons présents pour parler en toute simplicité -  à la SAT - de leurs vins, le 30 mars dernier. 

J'y ai dégusté des vins vibrants, entendu les vigneron(ne)s parler de la façon dont ils travaillaient, rencontré des ami(e)s, de vieilles connaissances et surtout : des passionnés du vin.

Quel bel événement ce fût, et combien j'espère que celui-ci puisse se répéter une fois l'an. L'endroit était parfait pour le nombre de gens présents et je ne serais pas surpris qu'il gagne en popularité dans un futur rapproché (mais pas trop hein!). 

Les vins provenaient de la France et quelques produits québécois étaient aussi représentés pendant cet après-midi.La Cidrerie Entre Pierre Et Terre possédait deux superbes mousseux, frais, très digestes et bien distincts. Pour la période estivale qui arrive à pas feutrés, ils feront très bonne impression à l'apéro ou encore pour accompagner le dessert.

Jérôme Bressy, du Domaine Gourt de Mautens pouvait être écouté pendant des heures sans se lasser. Un passionné qui fait à sa tête et c'est tant mieux! La qualité de ses vins, qu'il assemble avec une infinie quantité de cépages, est tout simplement incroyable. Un coup de coeur instantané qui mérite une mention bien honorable! Domaine Gourt de Mautens 2010 (code SAQ : 11217774,  prix : 65.00$). 

Bref : vin mi-corsé qui peut très bien accompagner les viandes grillées  et autres concoctailles de barbecue estivales. Vous pouvez le rafraîchir 30 minutes avant le service pour amoindrir l'effet "chaud" de l'alcool.

Détaillé : Vin de couleur rouge rubis aux reflets violet, le nez s'ouvre sur des arômes épicées, de poivre, florales et sur des fruits noirs confiturés. Cette complexité se poursuit en bouche, plus sur le fruit, une très belle allonge, une acidité présente et des tanins. En conclusion, ce vin mérite un temps de repos en cave, il est à revisiter dans 5 ans et il peut bien tenir encore un autre 3 à 5 ans par la suite. Élégant et racé, un vin qui saura trouver preneur auprès de l'amateur et celui qui apprécie les bonnes choses!

Le blanc de noirs du même producteur ainsi que son blanc sont de grands vins de gastronomie. Faites quelques recherches et essayer de déguster un verre ou deux de ces merveilles, vous me direz ce que vous en pensez? (http://www.gourtdemautens.com/)

Toujours en France, mais cette fois-ci dans le Languedoc, La Sorga mettait en valeur des vins justes... et bons! Le jeune vigneron semblait bien joyeux d'être en sol québécois pour présenter ces vins hors du commun. Des cépages oubliés, des plus connus, des classiques aussi. Les vins sont hors commun et ce fût une grande joie de pouvoir déguster ceux-ci. J'ai souvenir du blanc - élevé comme un vin jaune du Jura sur une plus courte période - qui s'ouvrait sur des notes salines, minérales, oxydatives et de fruits blancs qui était atypique et pourtant aérien. Un vin de soif certes, mais un vin de réflexion. À déguster en début d'après midi en écoutant le silence...

La prochaine fois que vous voyez une annonce du salon "Les Turbulents", faites moi signe et on s'y retrouve!

Gros ajout de la part de M.Aubry vendredi passé, je vous fournis le lien de son article (qui rend mon coup de coeur encore plus valorisant!): 

 http://m.ledevoir.com/art-de-vivre/vin/405890/la-vie-et-ses-petits-ajustements-selon-bressy

samedi 29 mars 2014

ras le bol des monopoles?

Quand est ce, et de quelle façon, le monopole de la SAQ et de la LCBO explosera?

Rien à voir avec des gestes de violence inutiles... mais plutôt par un ras le bol - bien senti -  qui frappe les vignerons québécois et canadiens, les consommateurs mieux avertis et les ventes qui fondent comme neige au soleil. Plusieurs plans ont été cités sur cette page et nul besoin d'être Einstein pour comprendre qu'il faut changer la formule et au plus vite.

Pourquoi nos monopoles ne font pas confiance aux gens qui oeuvrent de façon journalière dans le milieu du vin. Ceux-ci sont prêts à payer les taxes qui se rattachent à la vente d'alcool mais ils veulent aussi avoir les mains déliées! C'est pourtant simple : n'importe lequel fonctionnaire qui ne fait que se fier aux chiffres qui dictent la marche à suivre dans un futur (in)certain - et ce- peut importe le marché... ne fait que courir à sa perte. 

Le Canada n'a toujours pas réussi à s'entendre à une façon de vendre les vins canadiens légalement entre ses propres provinces. Non mais ho!! Les vignerons sont las de cette guerre inutile qui demande trop de temps à vendre leurs vins. Je vous conseille fortement d'écouter un épisode de La Semaine Verte qui traite du sujet (http://ici.tou.tv/la-semaine-verte/S2013E27?autoplay=true)

Sur une autre note de notre monopole, je tiens à dire que la dernière parution du Cellier est tout simplement merveilleuse! Un excellent portrait des activités à faire dans la ville de New York et plein de vins qui donnent l'impression que les découvertes sont au rendez-vous. C'est la première fois - depuis la nouvelle tournure du magazine - que je lis vraiment toutes les pages. Ça ressemble moins à un coup de marketing et plus à une envie de partager de bonnes infos sur le vins et sur les acteurs du milieu : Bravo!!

Rendez vous mercredi prochain.

vendredi 28 mars 2014

dégustation à l'aveugle

Qui peut apprendre d'une dégustation à l'aveugle en 2014!?!

Hé bien, moi j'en ai encore beaucoup à apprendre! 

Lundi passé, avait lieu une dégustation entre amateur(e)s entourés de 13 bouteilles nouvellement arrivées à la SAQ. Pour ce faire, le premier et le troisième service, voyaient le nom des vins dévoilés au début mais il fallait tout de même deviner l'ordre dans lequel ils étaient servis.

Pour le deuxième service, rien de tout ça n'avait lieu... Était ce un vin de la France, de l'Espagne, du Canada? Mystère le plus absolu! Un bel exercice auquel j'ai eu un immense plaisir à participer.

Je réussis à trouver quelques régions sur le deuxième volet de la dégustation, mais pour ce qui est de trouver le lien entre ces quatre vins... J'ai dû passer mon tour! Une des personnes présentes fut à la hauteur de la situation en affirmant que le lien était le suivant : tous les vins étaient à base de Pinot Noir - Victoire immédiate! 

J'ai cru que ces vins provenaient du Jura, de la Vallée de la Loire surtout. La réalité : ils provenaient de l'Alsace, du Jura, de la Loire et de l'Allemagne. Mais pour ce qui etait des cépages, je voyais surtout de la mondeuse et du gammay. Comme quoi les perceptions changent lorsque le vin est servi de la sorte.

Le vin qui m'a le plus surpris fût le : Domaine Valentin Zusslin Pinot Noir Bollenberg Harmonie 2009 (code SAQ : 12185444, prix : 40.50$). Il m'a tout de suite fait pensé  à un vin conduit en agriculture bio. Sans l'ombre d'un doute, ce pinot vous permettra de bien profiter de sa justesse sur l'élevage et de sa profondeur. Dispendieux? Pour un Pinot Noir aussi bien fait, c'est très juste. 

Seriez vous aptes à vous surprendre lors d'une soirée dégustation à l'aveugle? Aucun doute, et ce, peu importe le niveau de connaissances des personnes présentes lors de cette soirée.

Conseils pour une soirée réussie : 

Il faut garder en mémoire que personne ne possède la même banque olfactive : les odeurs que vous allez pouvoir énumérer sont celles que vous connaissez. Si une personne sent le bonbon ou vous sentez la rose, il se peut très bien que vous sentiez la même chose. Personne n'a tort! La découverte du vin de manière exacte est plutôt rare... C'est ce qui fait que cet exercice soit si valorisant et instructif.... Et surtout, ça remet les pendules à l'heure! Profitez en pour insérer un vin de dépanneur ou encore un vin qui ne soit pas trop dispendieux. Vous allez être surpris des commentaires de tout le monde, c'est garanti! Et surtout, amusez vous et écoutez les commentaires, vous allez en apprendre un lot sur le vin et les nombreux secrets qu'il recèle.

Bonnes découvertes!

mercredi 26 mars 2014

dégustations mercredi 26 mars 2014

Dégustation #SAQ et au comptoir s'il vous plaît!

Ma dernière dégustation remonte à lundi dernier et j'y ai fait deux belles découvertes. Une qui peut être appréciée maintenant et dévoiler - ne serait qu'un instant- la beauté du printemps et l'autre que vous attendrez un peu avant de retomber dans cette saison qui marque le début des froids... et des plats longuement cuits au four.

Première dégustation : 

Ktima Biblia Chora Assyrtico / Sauvignon 2013 (code SAQ : 11901138, prix : 21.45$) 

En bref : 

Vin léger, acide, frais qui accommodera à merveille la salade de chèvre accompagné de poisson pané mayo aux câpres. Vous le servez frais et l'accord ne peut que fonctionner!

En détail : 

Vin presque transparent aux reflets brillants/vert léger, le nez s'ouvre sur des arômes épicées (curry), végétales et des notes florales très subtiles. En bouche, le vin possède une acidité bien présente voire piquante lorsque les flaveurs citronnées, bourgeon de cassis et florales s'estompent. Un vin qui est simple - dans le bon terme du mot - et qui est prêt à boire maintenant. L'équilibre et la longueur en bouche justifient bien le prix.

Deuxième dégustation : 

Cantina del Pino Barbaresco 2009 ( code SAQ : 11910131, prix 42.50$)

En bref : 

Un vin charnu et moyennement corsé qui peu être bu maintenant, si vous le passez d'abord en carafe, ou encore conservé sur les prochains 8-10 ans. Pour cet été, réservez lui une pièce de viande sur le barbecue ou encore mieux - cet hiver- sur du gibier lentement braisé.

En détail : 

Ce vin de couleur rouge rubis soutenu s'ouvre sur des arômes de cuir, d'élevage sous bois, de cassis et aussi des notes de fruit rouge confituré. Cette belle complexité au nez se voit surpassée en bouche par une acidité fraîche, des tanins fondus qui portent jusqu'en fin de bouche ses arômes bien définis. Complexe, ce vin gagnera en rondeur au cours des prochaines années. Il vaut amplement le prix suggéré!

Bonnes dégustations.