mercredi 22 juillet 2015

Les formalités gouvernementales...

Les brèves du vin.

La SAQ annonçait récemment que le prix du magnum (1.5 litre) serait revu à la baisse au cours du mois de juillet. Comme vous le savez peut être, le magnum a un plus long potentiel de garde que la bouteille format régulier puisque le volume est plus grand... Est ce dû aux ventes minimes dudit format ou encore est-ce que le consommateur québécois est encore peu porté sur les vins de longue garde? Certainement un peu des deux! Il est à noter que certains vins sont commercialisés en grand format même si ils sont à boire maintenant. 

Du vin orange au Québec? Le Vignoble du Faubourg s'est lancé dans cette fabrication de la même manière que bien des vignobles qui exploitent déjà cette production : laisser macérer les peaux de raisins blancs et élever le vin de manière identique aux vins rouges. Les informations sont encore indisponibles sur la page du site web mais c'est quand même une très bonne nouvelle et ça démontre surtout que ça bouge beaucoup dans les vignobles du Québec. Voici en attendant un article de La Presse : http://www.lapresse.ca/vins/201507/20/01-4886794-du-vin-orange-a-saint-jean-port-joli.php

Alors que notre gouvernement ne cesse de se simplifier la tâche de la vente du vin - à notre plus grand plaisir - et intensifier la mise en marché en ligne, toujours pas de nouvelle de la vente du vin interprovincial. Il faut quand même se poser des questions sur le sujet puisque nous sommes certainement les seuls au monde à agir de la sorte. Sortir de l'emprise gouvernementale semble impossible et passer aux barricades la seule option. Sont-ce les québécois et canadiens si douillets et enclins à accepter sans broncher le fait que nous ne puissions toujours pas acheter en ligne un - ou plusieurs - vin de nos voisins de la Colombie Britanique ou ailleurs? Afin de faciliter la tâche aux gens de notre monopole, de Postes Canada, des percepteurs de taxes de ce bas monde? Malgré les pétitions qui circulent, le gouvernement semble aveuglé par son pouvoir. C'est tout simplement ridicule! Ça ne vous fait pas penser à nos voisins français qui ne cessent de se battre avec leur propre gouvernement sur la filiale vin?

Bonnes discussions.

mardi 21 juillet 2015

Les deux vins à forte identité.

L'identitaire et le gamin .

Même si parfois la contre-étiquette d'un vin vous pousse à en faire l'acquisition (on appelle ça du marketing chez-moi), il se peut fort bien que vous devrez la vérifier à nouveau lorsque vous avez le vin en bouche. "Issus de nos meilleurs terroirs, les cépages qui entrent dans l'élaboration de notre cuvée prestige sont suivis tout au long de leur croissance afin que nous puissions leurs prodiguer les meilleurs soins." Réalité : Plusieurs hectares, culture traditionnelle et mécanique... Rien de tout cela est faux, la réalité est juste enjolivée quoi!

Retour donc sur une dégustation de deux vins qui, bien que différents, ont de quoi plaire les palais les plus raffinés. Des vins justes, solides et surprenants. 

L'identitaire : Le chenin blanc entre dans la confection du Domaine de la Taille aux Loups Clos de Mosny 2013 (code SAQ : 12303674, prix : 32.50$). Ici, c'est du sérieux. Même si les terroirs sont mis de l'avant lors de la description du vin, c'est bien le cépage qui l'emporte haut la main. Le chenin qui s'ouvre sur le miel, les fleurs, la cire, la pomme qui se poursuivent en bouche sur une belle farandole, il laisse envisager une période de vieillissement très sure. Le vin est donc encore jeune et devra être attendu au moins 5 ans voire beaucoup plus... du jus qui laisse un souvenir mémorable.

Le gamin : 100 % vermentinu, sur des arômes de fruits à chaire blanche et minéraux, ce vin qui est souvent proposé en apéro peut très bien passer à table. Réservez lui un plat de poissons. La fraîcheur et le facteur buvabilité de ce liquide seront en phase avec votre joie de boire. Domaine d'Alzipratu Fiumeseccu 2014 (code SAQ : 10884663, prix : 22.20$) directement de la Corse peut très bien vous sembler familier avec les vins de la Grèce de par sa légèreté (à ne pas confondre avec "sans identité" pour autant) son acidité et surtout par la mer qui semble imprégner le vin de sa salinité. Superbe!



Bonnes dégustations!

mercredi 15 juillet 2015

Les condensés.

Quelques brièvetés. Le vin peut aussi faire dans l'éclair...

Reçu le tout nouveau (le premier) magazine Le Pan  - http://www.lepanmedia.com/ - hier. J'ai feuilleté rapidement et deux remarques me viennent en tête de ce rapide tour de piste : Comment réussissent-ils à rendre le magazine profitable (il est envoyé de Hong Kong, c'est très volumineux et la rédaction/mise en page semble être de très haut niveau) et est ce que ce sera une nouvelle référence dans le monde vin? De la deuxième question, il semble fort probablement que la réponse soit oui. Vous pouvez aller voir en ligne. C'est superbement écrit, les participants ne semblent plus avoir besoin de présentations dans le domaine. Beaucoup de "masters of wine" font partie de l'équipe. Image projetée : BMW, caisse de grands crus Bordeaux et complet designer... On est loin de la 2CV et le vin copain! Je vous en reparle sous peu.

La Clef des terroirs, site qui rejoint beaucoup mes valeurs en tant qu'amateur vin, propose lors de l'abonnement (gratuit!) un reportage de près de 50 minutes que vous pourrez visionner en ligne. Le site parle surtout de vins issus de culture biologiques et propose surtout beaucoup de lectures, films et autre médias sur lesquels vous en apprendrez un maximum afin d'éclairer vos lanternes. Un conseil d'amateur : rendez vous rapidement sur le site en question! (http://www.laclefdesterroirs.com/)

De plus en plus de sites proposent des accords vin/musique. Certains vont dans le spécifique en accordant un vin précis avec une pièce unique. D'autres y vont avec un outil qui permet d'accorder une signature viticole en lui agençant une mélodie. Si tel est votre nouveau dada, n'oubliez pas quelques règles de bases : 

- réduisez les décibels afin de garder un niveau de concentration sur le vin.
- Oubliez les musiques trop tapageuses qui pourrait vous faire oublier complètement le but de l'exercice : la dégustation.
- En groupe, privilégiez un minimum de vin sur un maximum de musiques. L'accord en sera que meilleur et au préalable, dégustez le vin et orientez le style musical en fonction de celui-ci.

Cela dit, une nouvelle activité qui semble porter le vin à un autre niveau. Tout de même plaisant de faire l'exercice et de discuter tout en portant une réelle attention sans autre artifice que la musique.... Un peu de lecture avec ça? (http://www.musicologie.org/publirem/vin_et_musique.html)

Bonnes découvertes!

lundi 13 juillet 2015

Le savagnin.

De la famille des traminers, épicé, tout sauf banal... Au nez une explosion, rien ne demeure semblable à la suite de cette rencontre. D'une grande famille germanique, il a atteint le sol français. Depuis, sa dynastie s'est déployée et atteint une ampleur inestimée : Le savagnin.

Un traminer il est. De la même famille que le gewürztraminer, il fait plutôt dans la diversité aromatique. Un cépage à la peau épaisse qui est à la base d'un vin de longue garde. Il est aussi le dénominateur commun de plusieurs signatures : Le vin jaune, le vin ouillé, le macvin, le vin de paille et entre aussi dans la formule du crémant. Sa signature olfactive tourne autour du fruit à chair blanche assez mur (pomme, poire), la noisette/amande, le cari/épices douces et le miel auquel s'ajoute aussi la note du terroir. 

À l'aise sur des sols marneux, le savagnin est donc indélogeable du Jura. Le vin jaune, vin phare de la région, est conçu en fûts de chêne pendant une période de 75 mois/minimum. Le vin n'est pas ouillé (rempli avec du vin pour ne pas qu'il soit trop atteint en oxygène) et est plutôt protégé par un voile de levures pendant cette très longue période. Une fois prêt à être commercialisé, le vin est embouteillé dans un format de 620ml qu'on appelle "clavelin". Le produit est tout simplement magnifique et se conserve sur de très longues années (plus de cent ans dans la plupart des cas). Au nez, les arômes sont reconnaissables d'entre mille et se dirigent vers les amandes, la pomme très mure, le cari, le miel et en bouche le vin est sec, très prenant et d'une longueur qui restera à tout jamais gravé dans votre mémoire vive!

Dans le Jura, il est planté sur près de 15% des vignobles existants. Seulement 24 résultats de recherches sont visibles sur le site de la SAQ, tous issus de la même région : Le Jura. Lors de la dégustation des autres types d'élaboration (vin tranquille, de paille, macvin etc...) Tous ont la même colonne : un cépage qui ne fait pas dans le subtil. Souvent les mêmes arômes reviennent sur les différentes productions et en résulte un vin qui est forgé à des fins gastronomiques. Le comté, le poulet aux morilles et quelques avelines sont les accords qui vont de paire avec le savagnin. 

Une signature unique donc, un vin assuré à table. Sa terre d'accueil - dont même les bouteilles sont différentes - a réussi le pari de non seulement faire accepter le cépage, mais en plus d'en avoir fait l'un des plus grand vin qui soit. Il a été accueilli en riche hériter et est devenu maître en sa terre. Cépage phare de la région, il fait maintenant partie de l'ADN des vins jurassiens... Les belles rencontres sont souvent dues au hasard, mais c'est de la suite qu'est issue l'inoubliable.

Bonnes dégustations!

dimanche 12 juillet 2015

Pleinement le vin!

Les gens intéressants sont ceux avec lesquels nous avons pris le temps de faire connaissance. Tel est le même contexte avec le vin.

Triste, cher, beau, perplexe? Inutile de glisser quelques mots sur le sujet, si vous ne connaissez pas l'autre, ça peut très bien vous être complètement hors-sujet. C'est exactement ce qui se passe sur la connaissance du vin. Pour en parler un tant soit peu, il vous faudra vous y attarder un certain moment... si l'envie ne vient toujours pas - que ce soit par manque de temps ou de vouloir - et bien vous pourrez toujours en profiter en toute plénitude! Rosé à l'été, rouge sur barbecue ou blanc avec votre poisson préféré. Le vin peut, incognito ou cérébralement, vous épater tout autant.

Retour en joie majeure sur deux vins que j'ai eu la chance de déguster en fin de semaine : 

Henri Gouges Nuits-Saint-George 2011 (code SAQ : 12026961, prix : 48.25$) Tout d'abord sur une couleur rouge rubis, le nez s'ouvre sur des arômes de cassis, de pin  et principalement sur le fruit. Les tanins sont soyeux et une belle longueur sur la trame de l'élevage (le bois) est perceptible tout au long de la mise en bouche. Très bien équilibré, le vin peut très bien gagner en ampleur sur l'attente. D'ailleurs, deux jours après l'ouverture, le vin est plus ouvert et sur le cassis, les arômes d'élevage ont surtout laissé place à celles épicées et de clou de girofle.. Très bien!

Si il est encore question de la qualité des rosés après toutes ces années, voici une bouteille qui pourrait fort bien faire disparaître tout ce qu'il vous reste de doutes sur le sujet : Terre Rouge Vin Gris d'Amador Sierra Foothills 2013 (code SAQ : 11629710, prix : 25.40$) L'élevage et la qualité ici se rejoignent et procurent un paroxysme de délectation gustative. Bref, si vous croyez encore que les rosés sont de second ordre, voici le vin qui vous permettra de passer à autre chose en terme de souvenir bidon sur fond de déception.... Et, ne soyez pas surpris que les prix - tout comme ceux des Beaujolais, les crus - augmentent sur les années à suivre.  

Bonne dégustation (anonyme ou ouverte)!

vendredi 10 juillet 2015

Monopolisation des ventes.

Le MONOPOLE, ce vilain-méchant mot que plusieurs aimeraient voir disparaître... 

Le débat qui semble suivre un cycle - dont la phase tend à raccourcir du trimestre au mode mensuel et bientôt hebdomadaire... voire journalier - de plus en plus rapproché donc : La SAQ devrait passer le flambeau? 

Si la SAQ vend, une partie de notre dette sera balayée. Les scénarios par la suite, de l'économiste au réaliste, semble avoir pratiquement les mêmes issues : même profit (à cause des taxes) sans que le gouvernement intervienne sur la vente d'alcool. Aucune chance aussi que le marché soit divisé comme par exemple SAQ/privé. Si les valves de la vente au privé ouvrent, oubliez le marché présent et la collocation entre la SAQ et d'autres joueurs venus d'ici et d'ailleurs.

Interlude rêveur : 

Les prix seront vite ajustés à la baisse,
les taxes tout autant feront.
Que de ce nouveau marché enfin naisse,
pour moi de meilleures solutions!

Fin du rêve.

Les profits - de notre gouvernement - seront les mêmes. 

Si la SAQ est vendue et que le marché du privé ouvre ses portes, pensez un peu au système en place et la future façon de faire en terme du commerce. Il y aura des gagnants et des perdants. Je ne crois pas dévoiler un secret en affirmant que le gouvernement penchera plus dans le côté des gagnants que du perdant lors de cette transaction.

Le reste : Le marché en région, les importations privées, les diverses compagnies qui voudront ouvrir des cavistes et le marché en général, etc... des sacrifices devront être faits et si je me fie à mon humble expérience, tout sera beau au début et par la suite - dû à des restructurations budgétaires - les plus petits marchés en souffriront... surtout ceux en région. Il se peut très bien que les commandes en lignes soient bien mieux que maintenant, ce qui avantagerait fortement les consommateurs en région et ailleurs. 

Plutôt que d'ouvrir le marché à d'autres avenues qui pourraient desservir la majorité des consommateurs présents, est ce que notre gouvernement est las de ces batailles? Est-il prêt à passer le flambeau aux plus hardis du marché? Ce débat reste à suivre, et de très près.

Autre point intéressant lu cette semaine : les vignerons québécois sont présentement à se demander si ils pourront continuer à produire assez de vins afin de fournir à la demande sans cesse croissante. Fait à noter, il y a de ça très peu de temps, le gouvernement investissait beaucoup - monétairement - en publicités et en valorisation des produits québécois. Ceux-ci ont une place de choix dans les succursales de la SAQ et en ligne (saq.com). Alors, je repose la question : est ce que le gouvernement a vraiment sa place dans le domaine de la vente d'alcools?

Bonne discussion!

mercredi 8 juillet 2015

Domaine de la Coulée de Serrant.

Quand vous travaillez dans le vin, le partage semble être un atout voire même une qualité naturelle. Voici donc quelques réponses de Virginie Joly (fille de Nicolas Joly) du Domaine de la Coulée de Serrant. Les vins du domaine? Tout simplement magiques! Maîtrise est un faible mot sur le résultat des vins qui naissent de ce terroir... 

5 questions sur la face cachée de la bouteille : la production.

1- Qu'est ce qui vous a poussé à produire du vin? 

- La beauté du lieu, la qualité du chenin, l'héritage historique du lieu (en vigne depuis 1130) l'héritage du patrimoine. Quand on grandit sur un tel lieu on n'a pas envie de partir!

2- Un des plus beaux moments de votre carrière ou le temps préféré de l'année lors de la création d'un vin?

- La vendange!! la récolte du labeur de l'année, moment crucial de l'année mais aussi fantastique car il est le reflet du millésime.

3- Quelle est la signature que vous recherchez sur vos vins?

- L'expression du lieu du terroir du climat et uniquement cela c'est pourquoi il n'y a aucune technologie en cave, aucun levurage neutre ou aromatique, pas d'acidification pas de chaptalisation, absolument aucun intrant à l'exception d'un peu de soufre à la mise en bouteille.

4- Votre façon d'améliorer vos vins au cours des années?

- La pratique rigoureuse de la biodynamie sur les parcelles et les champs (puisque nous avons aussi des animaux) + les recherches et essais de traitement en homéopathie.

5- Depuis vos débuts, qu'est ce qui vous pousse à continuer?

- Le vin , son pouvoir d'unir les gens pour un moment convivial, sa capacité quand il est fait en biodynamie à nous faire voyager nous faire découvrir le monde a travers son expression de lieu, de cépage.
C'est un compagnon culturel, historique, n'en déplaise a nos gouvernements, qui fait parti du patrimoine, a nous de le faire vivre.

Vins disponibles à la SAQ : 

- Clos de la Coulée de Serrant 2009 (code SAQ : 11763441, prix : 93.00$)
- Nicolas Joly Les Vieux Clos Savennières 2009 (code SAQ : 10985878, prix : 43.00$)
- Nicolas Joly Clos de la Coulée de Serrant Savennières 2006 (code SAQ : 10222088, prix : 113.25$)

Veuillez aussi noter que, en plus la qualité de la production et le plaisir infini qui en résulte lors de la dégustation, ces vins sont de très longue garde. Il est d'ailleurs fortement conseillé de ne pas les boire trop jeunes et le carafage est de mise... longtemps. Même si le site de la SAQ propose un temps de garde de 7 ans, les vins dureront encore bien plus longtemps.

Merci encore Madame Joly, longue vie au vin et à vous!